Jerome Kelly

17 mars 2025

Pourquoi Apple déteste les PWA

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Il y a environ 6 ans, j’ai bâti ma première PWA. J’étais un jeune développeur plein d’espoir et j’imaginais un futur où le web deviendrait une alternative solide aux applications natives. Avance rapide jusqu’à aujourd’hui, et la réalité n’est pas tout à fait celle à laquelle je m’attendais. Certes, les PWA ont progressé, mais, à mon humble avis, la majorité d’entre elles offre une expérience de qualité inférieure à celle de leurs équivalents natifs, particulièrement sur iPhone.

Que s'est-t-il passé? Plusieurs facteurs expliquent cette trajectoire, mais sur le banc des accusés, un joueur ce démarque: Apple.

La domination du web

En 2009, TraceMonkey, l’engin JavaScript de Firefox, introduisit une nouveauté qui allait chambouler le développement web. Historiquement un langage interprété, JavaScript pouvait désormais bénéficier des avantages de la compilation à la volée (JIT - Just-In-Time Compilation).

À la même époque, un nouveau joueur, Chrome, adopta une technique similaire pour son propre engin V8. JavaScript, jusqu’alors considéré comme un langage lent, atteignait maintenant un autre niveau de performance!

De nos jours, les fonctionnalités du web permettent la création d’applications complexes, inimaginables il n’y a pas si longtemps, telles que Photoshop ou Figma! Le web a même infiltré le développement d’applications pour ordinateurs personnels. Quatres des applications que j’utilise le plus au quotidien sont Slack, VS Code, 1Password et Discord, toutes bâties avec Electron. Si le web peut être utilisé pour bâtir des applications de haute qualité sur ordinateur, pourquoi ne pourrait-il pas être utilisé de manière similaire sur mobile ?

L’approche Android

Alphabet a multiplié les initiatives ces dernières années pour permettre aux PWA (et au web en général) d’acquérir de nouvelles capacités. Le projet Fugu démontre certaines de ces nouvelles fonctionnalités ! Sur Android, il est maintenant possible d’interagir avec des périphériques Bluetooth, des cartes NFC ou même d’utiliser le gyroscope du téléphone ! Plus encore, Google Play a mis en place un processus basé sur les Trusted Web Activities pour faciliter la publication des PWA sur le Play Store.

À l’inverse, Apple s’est bâti une bien piètre réputation dans l’écosystème web. Fonctionnalités manquantes, bugs récurrents… Depuis le fork de WebKit en 2013, le web est clairement devenu un citoyen de seconde zone sur iOS. Un exemple flagrant est probablement l’introduction des notifications web : disponibles depuis 2016 sur Android, il a fallu attendre sept ans pour les voir apparaître sur iOS. Pire encore, dans sa bataille légale en Europe relative au DMA (Digital Markets Act), Apple a décidé de suspendre temporairement les PWA sur le marché européen.

Face au tollé provoqué, Apple a finalement rétabli les fonctionnalités essentielles aux PWA, mais cela illustre bien son positionnement face au web.

Suivre l'argent

Que s’est-il passé avec la vision initiale de Steve Jobs en 2007? Apple est-elle une méchante entreprise, alors que Google (Alphabet) serait l’héroïne des développeurs web ? La réalité est que la très grande majorité des actions prises par les géants du web s’explique par des incitatifs financiers.

Bien que le chiffre exact soit difficile à déterminer, environ 20 milliards de dollars de dépenses (achats, abonnements, applications premium) sont facilités par l’App Store chaque trimestre. En considérant qu’Apple prélève une commission de 30 % (ou 15 % pour les petites entreprises), cette activité constitue une source de revenus très rentable pour l’entreprise, générant plusieurs milliards de dollars annuellement, avec, je présume, une marge de profit très élevée.


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Ceci étant dit, Google génère également une quantité non négligeable de revenus à travers le Play Store et applique les mêmes commissions qu’Apple. Pourquoi alors une attitude si différente vis-à-vis du web ? La réponse réside dans la différence de modèle d’affaires. Bien que le Play Store génère aussi des milliards de dollars, la véritable vache à lait de Google reste la publicité vendue pour son moteur de recherche.


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La motivation de Google à encourager le développement des PWA est donc très probablement alignée avec son objectif ultime : faire croître le trafic sur son moteur de recherche. En effet, comme les PWA sont des sites web augmentés, leur découverte et leur accès passent très souvent par une petite recherche Google. C’est, à mon humble et cynique avis, cet incitatif financier qui crée la différence entre Apple et Google vis-à-vis du web, et non une question de valeurs ou de principes.

Conclusion

Bien que je travaille dans une compagnie de développement mobile, je dois admettre que mon premier amour est le web. J’aime la liberté, le chaos et l’effervescence qui le caractérisent. Même si, à l’heure actuelle, la qualité inférieure des PWA permet au développement mobile natif de rester hautement pertinent, au fond de mon cœur, j’aimerais que le web ait la possibilité de rivaliser à armes égales.

En pratique, les incitatifs financiers d’Apple rendent ce souhait irréaliste, du moins à court terme. Il sera extrêmement intéressant de suivre les impacts du DMA en Europe et de voir si, à terme, la législation européenne traversera l’Atlantique de manière similaire au RGPD. Peu importe le dénouement, nous allons toujours choisir la meilleure technologie pour bâtir des solutions de qualité pour nos clients, que ce soit le web, le mobile natif ou toute autre surprise que l’avenir nous réserve!

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